American Gods : analyse de l’épisode 3 de la saison 1

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On repart pour un nouvel épisode d’American Gods dans un article pseudo critique comme d’habitude. Le travail est de plus en plus compliqué à faire puisqu’American Gods n’a de cesse, au fur et à mesure des épisodes, de choquer, troubler les spectateurs, prenant constamment le contre pied de la trame narrative classique des séries du genre. Certains « critiques » notamment de chaines Youtube comme Legrandtest, ont préféré stopper net les analyses d’épisodes en préférant la critique par saison, tellement l’exercice est périlleux (je pense).

Le problème vient, sans doute, du fait que la sexualité est outrancière dans les épisodes, et même si nous ne sommes qu’au 3ème opus, nous avons déjà assisté à une escalade d’images chocs, notamment de sexe en érection… Et dans ce 3ème épisode d’American Gods, les chiens sont lâchés…

Anubis vient recruter auprès des musulmans, faute de grive

Anubis (interprété par Chris Obi) le dieu funéraire d’Egypte, divinité du monde souterrain, vient à la rencontre d’une musulmane qui tombe dans sa cuisine et décède dans sa chute. Ce n’est pas un hasard car le dieu Anubis et toutes les divinités égyptiennes ne sont plus vénérées depuis l’avènement de l’Islam en Egypte. Anubis justifie sa présence du fait que la décédée, étant jeune, avait eu droit aux récits et aux légendes. Un raccourci un peu simpliste. Soit ! Passons.

La pesée du cœur, la « psychostasie »

Contrairement au christianisme qui comprend le paradis, l’enfer et le purgatoire, dans la mythologie égyptienne, le cœur doit être « justifié » ou « maâ-kherou« . Pour ce faire, une balance est utilisée avec d’un coté le cœur du défunt et de l’autre une plume d’autruche (symbole de la rectitude Mâat). Si le cœur pèse autant que la plume, le cœur a vécu selon les règles de la morale et peut donc accéder à la vie éternelle. Si par contre l’équilibre n’est pas fait, il est condamné à l’annihilation totale et est avalé par la grande dévoreuse, un monstre se trouvant à proximité de la balance (elle n’apparait d’ailleurs pas dans l’épisode).

Point de monstre dans ce passage, si ce n’est un chat nu appartenant à la défunte et qui la suivra lors de la cérémonie de la pesée (jusqu’à provoquer sa chute dans l’une des portes de l’au-delà). Celle-ci d’ailleurs, craindra de trahir son dieu en répondant à l’invitation d’Anubis de franchir une des portes. Et je dois dire qu’à ce propos, l’épisode ne fait pas dans la dentelle quand il s’agit de choquer…

Un djinn, un homme, une chambre d’hôtel

 

Le djinn est une créature surnaturelle qui prend naissance dans la tradition et les croyances sémitiques et est très présente dans la religion musulmane. Il peut prendre un tas de formes différentes (végétale, animale ou humaine). Il est capable de prendre possession d’un corps mais n’utilise pas forcément ce pouvoir. Dans le cas de cet épisode, nous retrouvons un personnage que nous avions aperçu dans l’épisode 2 d’American Gods. Souvenez-vous, Shadow Moon le croise en retrouvant Voyageur dans un restaurant. Derrière ses lunettes noires, nous avions pu distinguer ses yeux en flamme.

 

Nous retrouvons donc ce Djinn (interprété par Mousa Kraish) en chauffeur de taxi qui prend en passager un homme originaire d’Oman. Salim (interprété par Omid Abtahi), vendeur de camelotes, a passé sa journée à faire le pied de grue dans la salle d’attente d’un bureau, attendant un rendez-vous qui ne viendra jamais. On suit les deux personnages dans une discussion qui met très rapidement en lumière, la véritable nature du chauffeur de taxi, sans pour autant troubler Salim. Le Djinn avoue qu’il est un Éfrit, un djinn de feu peuplant la terre.

S’en suit une scène sexuelle assez osée (dans une chambre d’hôtel) entre le djinn et le vendeur, qui fini avec l’accord d’un vœu tacite (le djinn ayant disparu au petit matin, laissant les clés du taxi au vendeur tout heureux). Il y a de fortes chances que nous retrouvions ces deux personnages dans les épisodes suivants.

American Gods, plus conformiste qu’il n’y parait

American Gods a l’intention de mettre un coup de pied dans la fourmilière et fait le buzz avec cette séquence… Cependant, je ne comprends pas l’utilité d’avoir recours à de telles scènes. American Gods se veut de mettre en exergue, les dieux et divinités de la mythologie, ok ! Pourtant, le grand écart entre les croyances monothéistes qui s’opposent très clairement aux croyances polythéistes et panthéistes est dangereux et peut se révéler fallacieux. C’est un sujet extrêmement sensible.

Le net est on fire mais certains occultent volontairement cette scène dans leur critique, la religion musulmane étant quand même bien au centre de cet épisode. Le Djinn étant véritablement un personnage capital dans cette religion. Et Anubis venant chercher des âmes du coté de l’Islam ne fait que renforcer ce sentiment.

Malgré cela, après une analyse plus poussée, hors de toutes considérations, cette scène n’est pas si anticonformiste. Allons encore plus loin : L’homosexualité affichée par les deux protagonistes est représentée par un être surnaturel contraint (comme il le dit) à nettoyer la merde de ses clients et par un homme désespéré (n’oubliez pas que le gars a fait le pied de grue pendant près de 8 heures pour un client ne venant jamais, pire, le snobant de bout en bout). Cette scène qui se veut dissidente, allant à l’encontre de l’éthique bien pensante des cultes religieux monothéistes n’est au contraire qu’une démonstration conformiste. Un démon déclassé et un homme faible = homosexualité. Ce qui m’ennuie, c’est que leur condition sociale respective n’a aucun rapport avec leur sexualité. La narration de leur discussion menant à une relation sexuelle est amenée trop abruptement et sans fil conducteur (par une simple main sur l’épaule et par une mise au banc commune de la société). Un raccourci un peu faiblard en guise de justification. On commence à s’y habituer et ce n’est pas un compliment.

Shadow Moon fait de la neige, le Leprechaun est vénère

Shadow Moon après sa rencontre avec la 3ème sœur (gardienne de la nuit) sur le toit (qui lui donne une pièce, encore une pièce…), décide de défier à nouveau Czernobog dans une partie de dames. Shadow Moon remporte sa revanche et contraint Czernobog à suivre Voyageur le moment venu dans le Wisconsin. Cependant, sa tête devra être livrée au marteau après cette réunion.

Voyageur a un plan : il veut braquer une banque. Il demande à Shadow de penser à la neige, de ne faire que ça. Quelques scènes avec Shadow avaient laisser penser que celui-ci avait quelques « pouvoirs » notamment par le biais d’hallucinations. Et c’est le cas, car neige tombera devant un Shadow hébété mais pas totalement convaincu.

Quelques temps plus tard, nous retrouvons le Leprechaun, Mad Sweeney (interprété par Pablo Schreiber) ivre mort sur les toilettes d’un bar, après quelques péripéties accidentelles, le Leprechaun s’aperçoit qu’il lui manque sa pièce fétiche (celle qu’il avait donné à Shadow lors de leur bagarre et que celui-ci avait déposé sur la tombe de sa femme). Sweeney retrouve Voyageur et Shadow et demande au héros de lui redonner sa pièce, celui-ci explique qu’il l’a laissé sur la tombe de sa femme et que si il veut la récupérer, il faudra qu’il se rende sur place. Done ! Sweeney, retrouve la tombe mais découvre un cercueil vide ! La belle au poil sur la langue fait son come back auprès de Shadow à la fin de l’épisode.

En conclusion

Les dieux orientaux étaient à l’honneur dans cet épisode qui se veut dans la lignée des précédents : choquant, ubuesque dans un visuel très réussi. Le personnage de Shadow commence à prendre de l’épaisseur, sa condition psychologique étant de plus en plus au centre. A confirmer avec le retour de sa femme.

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